Voyage Arty : Londres

Comme je l’ai déjà écrit ici lors d’un précédent billet, j’adore la ville de Londres.

J’y vais au moins une fois par an et j’y ai fait début avril mon premier séjour en solo de toute ma vie ! Je ne sais pas si vous avez l’habitude de partir seul.e mais ce n’est pas du tout mon cas. J’ai toujours considéré qu’un voyage était plus agréable lorsqu’il était partagé.

Mais cette fois, j’ai eu cette envie de me mettre un peu à l’épreuve et de me gérer seule, à l’étranger, et de faire mon propre programme selon mes envies. En grande introvertie, croyez-moi, ce n’était pas un projet réalisé sans une bonne montée de stress !

Mais spolier alert : tout s’est très bien passé ! Une fois lancée, j’étais plus à l’aise que ce que je m’étais imaginée. Même si je continue à penser qu’un voyage c’est quand même mieux à deux ou entre amis.

J’ai séjourné dans le quartier d’Islington, parfait pour visiter la ville.

Voici la sélection des quelques trucs Arty que j’ai fait :

Inside Aardman: Wallace & Gromit and Friends au Young V&A

Cette année marque le 50ème anniversaire des studios d’animation britanniques Aardman alias les créateurs de Wallace & Gromit, Shaun The sheep ou encore Chicken Run. Le super musée pour enfant (mais pas que) qu’est le Young V&A propose cette merveilleuse exposition pour retracer leur parcours.

J’ai déjà eu la chance de voir une expo sur les studios Aardman. C’était à Paris, au Musée des arts ludiques qui a, à mon grand désespoir, fermé il y a quelques années. J’en parlerai un jour sur ce blog parce que c’était vraiment un super espace d’expositions pour les amateurs d’animation et plus largement de Pop Culture.

J’ai donc pu retrouver quelques pièces et dessins vus précédemment mais la plupart du contenu exposé y était exclusif.

Comme dans toutes les expositions britanniques que j’ai pu voir, et spécialement celles visant le jeune public, la part pédagogique est vraiment très présente et pensée de façon ultra ludique.

Ici, on va nous proposer de décortiquer le cinéma d’animation 3D en passant par toutes les étapes de création. À chaque fois, cela sera accompagné de postes de travail où chacun pourra tester en s’amusant à gérer la lumière, les bruitages, l’animation image par image et plus encore… C’est tellement bien fait qu’on aurait presque du mal à laisser sa place aux enfants !

On retrouve de nombreux dessins, schémas, études, marionnettes ou éléments graphiques présents dans les films. Mais ce qui reste le plus impressionnant sont évidemment les maquettes !

Le sens du détail et la minutie qui s’en dégagent, sont toujours une leçon de patience et d’investissement total de la part des équipes de chaque film.

Des vidéos, toutes aussi passionnantes, suivant les artistes du studios dans leur quotidien jalonnent le parcours.

Mon seul bémol serait la scénographie de l’exposition. Ce n’était pas vraiment immersif. Les couleurs des murs et du mobilier utilisées sont celles du musée donc pas vraiment en rapport avec les teintes que l’on retrouve chez Aardman. C’était très criard et les maquettes ne s’intégraient pas vraiment sur ces murs très vifs. Je montre quelques exemples si dessous.

Mais bon, c’est franchement pour chipoter parce que ce qui était présenté était tellement cool, qu’on passe facilement là dessus (ET mention spéciale pour les gros bouts de pate à modeler qui tenaient les panneaux de la signalétique ! Super idée !).

Young V&A - entrée gratuite / expositions temporaires payantes pour les adultes uniquement. L’exposition Aardman est en place jusqu’au 15 novembre 2026.

➺ Cambridge Heath Rd, Bethnal Green, London E2 9PA

My neighbour Totoro, la pièce de théâtre

Londres est particulièrement reconnue pour ses pièces de théâtre et comédies musicales. Habituellement, le théâtre ce n’est pas trop mon truc je l’avoue. Peut-être parce que j’ai trop subi Molière et Racine pendant mes années collège/lycée… Mais là, une pièce Totoro ! J’avais vraiment envie de voir ça !

Gillian Lynne Theatre

Voici donc une pièce de théâtre musicale reprenant au détail près le film des studios Ghibli Mon voisin Totoro. Je ne dis pas comédie musicale car les comédiens ne chantaient pas, mais des musiciens et une chanteuse bilingue anglais/japonais étaient présents sur scène.

(Les photos étaient interdites pendant le show donc je montre ci-dessous celles du dossier de presse).

C’était incroyable ! Très très beau, aussi poétique que le film et plein d’ingéniosité. Le décors était surprenant avec une maison sur roulettes qui s’adapte au récit en se fractionnant en plusieurs morceaux à chaque scène.

Les acteurs se partageaient la scène avec une troupe de marionnettistes qui ne faisait plus qu’un pour faire vivre les animaux fantastiques de l’histoire. Mon préf était le Chatbus façon lanterne de papier japonaise ♥︎

J’ai voyagé dans ce monde onirique pendant 2h40 sans voir le temps passer.

Je conseille vraiment si l’occasion se représente (malheureusement les représentations de la pièce sont maintenant finies). Mais j’aimerais tellement que la même équipe s’occupe d’autres adaptations… Kiki la petite sorcière ou La voyage de Chihiro par exemple ! ☺

V&A Storehouse

C’était mon weekend full V&A (Victoria and Albert museums) ! Je me suis fait la tournée de tous leurs musées ! Et j’ai même manqué de peu l’ouverture du nouveau, le V&A East (en réalité je me suis pointée là bas mais pas à la bonne date lol) !

On part donc découvrir le V&A Storehouse. On parle ici d’un lieu complètement hybride qui se qualifierait à la fois d’entrepôt (on ne peut s’empêcher de penser aux gigantesques rayons d’Ikea version marché de l’art) mais aussi de musée et de centre de recherche.

Ouvert l’année dernière pour donner un écrin digne de ce nom à l’abondance des collections du Victoria & Albert museum qui dormaient dans des placards (on parle quand même de plus d’un demi million d’objets), on peut maintenant vadrouiller à travers ces allées et ces quatre étages pour découvrir tout ce beau monde.

Pour être honnête, cela ne m’a pas convaincue… même si le bâtiment est assez impressionnant et très original, dès l’entrée je comprends bien que c’est The place to be : le café est blindé de gens qui chillent, et l’entrepôt sert plutôt de spot à selfie que de balade culturelle.

Ce n’est pas un mal en soi car je suis pour que les musées soient de vrais lieux de vie. Mais, ce qui se veut être l’endroit où l’on efface les barrières entre le public et les oeuvres ne fonctionne pas vraiment. Certes, on pourrait presque ouvrir les commodes XVIIIe ou s’installer dans cette reconstitution d’appart de cité anglaise mais voir des livres emballés, des tableaux accrochés sur des grilles et des objets d’art dans des caisses… je reste perplexe.

Il faut donc rester sur l’idée qu’on n’est pas dans un musée et qu’il ne faut pas chercher ici la connaissance des oeuvres : il n’y a pratiquement aucun cartels explicatifs ni cohérence dans l’organisation des rayons. On doit plutôt le comprendre comme un entrepôt ouvert à tous pour apercevoir l’envers du décors en sorte.

Cependant, j’ai appris plus tard que l’on pouvait accéder à un service assez intéressant : « Order an Object » . Ce service permet aux visiteurs de choisir plusieurs objets parmi un catalogue numérique qui vous seront ensuite présentés par un membre du personnel du musée. Et ça, ça fait en effet bien plus tomber les barrières entre le public et l’oeuvre !

(Et avertissement pour les sensibles au vertige, on marche en permanence sur des grilles ou des plaques de verre, ça donne le tournis très vite 😝)

V&A East Storehouse, entrée gratuite

➺ Parkes Street, Queen Elizabeth Olympic Park, Hackney Wick, London E20 3AX

Schiaparelli : Fashion Becomes Art au V&A South Kensington

Troisième et dernière visite labellisée “V&A” : l’exposition consacrée à la maison Schiaparelli, de sa créatrice Elsa Schiaparelli ayant oeuvré des années 30 à 50 jusqu’à son retour en force aujourd’hui grace au créateur américain Daniel Roseberry.

Les expos mode ont vraiment la côte en ce moment et la capitale anglaise ne manque pas d’y prendre part. Je trouve vraiment intéressant de remettre la mode dans un contexte avant tout artistique (plutôt que de se contenter de la vision mercantile du monde du luxe). Je ne vais pas dire que ceci n’en constitue pas une grande part de son identité, mais toutes ces rétrospectives de créateur.ice.s et de grandes maisons de couture permettent aussi de se rappeler le génie que peut porter ce monde (et je pense aussi aux “petites mains” de ce milieu).

Je ne suis pas du tout calée en histoire de la mode, ni sur les aspects techniques de couture, et encore moins sur ce qui se fait en ce moment. Mais je trouve ça assez passionnant d’aller voir ces pièces en vrai. On se rend bien mieux compte du travail derrière une pièce : les dessins, les tissus, le modélisme, la broderie. Et comment tout cela associé crée une oeuvre d’art.

Et le monde de l’art, Elsa Schiaparelli le connaissait bien. On pourrait même la déclarer officiellement créatrice mode du courant surréaliste. Grâce à ses nombreuses connexions avec des artistes comme Salvador Dalí, Man Ray, Jean Cocteau ou Picasso , elle crée un vrai echo au surréalisme dans la mode.

Mais mon vrai coup de coeur, et découverte de cette expo, c’est le nouveau créateur à la tête de la maison Schiaparelli : Daniel Roseberry.

Il a réussi à réinterpréter les éléments marquant l’identité de la marque, tout en imposant sa vision. Ses pièces sont magnifiques, particulièrement théâtrales comme on peut le voir au fil de la rétrospective.

V&A South Kensington - entrée gratuite / expositions temporaires payantes. L’exposition Schiaparelli est en place jusqu’au 8 novembre 2026.

➺ Cromwell Road, London, SW7 2RL

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