Expo Isao TAKAHATA

Pionnier du dessin animé contemporain japonais, La Maison de la culture du Japon à Paris a honoré le travail d’Isao TAKAHATA par une très belle rétrospective (octobre 2025>février 2026).

Isao TAKAHATA en 2015 pour la sortie du film “Le conte de la princesse Kaguya”

L’exposition

Bon, je précise que les photos étaient interdites. Mais comme je ne sais pas respecter les règles (ou que je n’ai pas trop envie de les respecter parfois lol), je n’ai pas résisté à en prendre quelques unes en toute discrétion pour alimenter mon article.

Je ne sais pas si son nom vous dit quelque chose car, pour les studios Ghibli notamment, nous connaissons surtout Hayao Miyazaki.

Mais UN titre de film fait souvent tilt chez les amateurs et amatrices d’animation japonaise : Le Tombeau des Lucioles.

Isao Takahata en est le réalisateur.

Le Tombeau des lucioles dans l'exposition Isao Takahata à la Maison du Japon - ©Akiyuki Nosaka / Shinchosha,1988

Autant un chef d’oeuvre qu’un traumatisme collectif inoubliable ce film !

Pour moi, il représente la première fois où j’ai réalisé que l’animation pouvait retranscrire aussi avec émotion des récits dramatiques, voire carrément tragiques.

J’avais déjà vu des films d’animation plutôt destinés aux adultes comme les films de l’américain Bill Plympton par exemple. Mais là, c’était d’une telle puissance narrative et visuelle. Je ne peux que le recommander (mais attention, c’est un film difficile sur l’histoire du Japon, l’enfance et la guerre).

L’exposition retrace donc plus de 50 ans de carrière dans l’animation de ce créateur engagé avec de nombreuses séries et films.

Je ne m’attendais pas à une visite aussi garnie. Cela a été une belle surprise et la découverte de ce réalisateur, dont je ne connaissais finalement pas grand chose à part la série Heidi, Le tombeau des lucioles, Pompoko et Mes voisins des Yamada.

Niveau contenu exposé, on nous montre une quantité impressionnante de notes, de story boards, d’organigrammes, de descriptions de personnages, de scènes. Le tout était richement illustrés par des photos de recherches, des croquis préparatoires et de magnifiques peintures de celluloïds ou de décors, rarement visibles car très fragiles.

Le parcours étaient jalonné d’extraits videos de chaque oeuvre pour les (re)découvrir.

On découvre l’attrait du réalisateur pour l’Europe (il est diplômé en littérature française). Il y voyagera beaucoup, notamment pour des repérages, et dont il puise une certaine influence créative en début de carrière avec le film de Paul Grimault par exemple (Le roi et l’oiseau).

Ce qui va ressortir vraiment pour moi de cette visite, c’est l’attachement profond au dessin à la main et au réalisme. Même lorsque le film nécessite une utilisation numérique, c’est pour reproduire les techniques manuelles difficiles à transposer (par exemple, le style aquarelle du film Mes Voisins les Yamada).

C’est aussi avec quelle minutie et complexité chaque oeuvres est créée dans un esprit collectif (le réalisateur semblait très attaché au travail d’équipe).

Pour finir, Takahata n’étant pas un animateur mais un réalisateur, il a pu montré une diversité de styles graphiques, parfois proche de l’expérimentation, qui se mettait au service de la narration et du message, souvent très humaniste de ses films.

Nan mais regardez-moi ça ! Les dessins de recherches, de story boards aussi beaux que l’oeuvre achevée !

Il s’agissait de la première exposition que je visitais à La Maison de la culture du Japon à Paris et j’ai été impressionnée par la qualité (et la quantité) des oeuvres réunies. C’était un vrai voyage dans l’animation japonaise. Un pur plaisir ! Je suis sortie avec l’envie de voir ou revoir tous les films (ou séries) présentés.

En plus, il est important de noter que le tarif était plus que correct (7€) par rapport à la richesse de cette expo.

D’ailleurs, je mets ci dessous la présentation de l’exposition sur leur site pour celles et ceux qui aimeraient en apprendre d’avantage, faute de pouvoir aller voir la rétrospective qui est aujourd’hui terminée.

https://www.mcjp.fr/fr/agenda/isao-takahata-pionnier-du-dessin-anime-de-l-apres-guerre-au-studio-ghibli

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